Qu’est-ce que la Permaculture?
Qu’est-ce que la Permaculture?


Les paysans sont en voie d’extinction. Ils ont été remplacés successivement, depuis la révolution industrielle du 19e siècle, par une catégorie de travailleurs agronomes que l’on peut qualifier respectueusement de « producteurs de biens consommables ». Ceux-ci, afin d’augmenter la capacité de production de leurs cultures, se sont tournés vers des modes d’exploitation terrestre de plus en plus nuisibles. Les premiers engrais, sous forme naturelle de phosphore, de potassium et d’azote, ont été utilisés depuis très longtemps, alors que de nos jours, les assemblages chimiques ont pris le relais sur les terrains fertiles, polluant de plus en plus les nappes phréatiques, les cours d’eau et la santé des humains. Le labourage des sols, les compactant en quelques années, a facilité l’érosion et ainsi, des centaines de milliers d’hectares de sols cultivés disparaissent chaque année, emportés par des crues, lessivés par les pluies. Les producteurs agricoles sont en train de ruiner la planète dans la pollution pour que leurs récoltes soient abondantes, que leurs fruits et légumes remplissent les épiceries des pays riches qui gaspillent une partie de cette nourriture par leur appétit grotesque et démesuré. Cette situation est dramatique et personne n’ose se poser des questions sur les modes de production, à la fois fort dommageables et inutiles.

Et voilà que nous apparaît la Permaculture. Un de ses précurseurs, le japonais Masanobu Fukuoka, a fini par comprendre qu’en laissant la nature s’occuper des productions, tout en lui donnant un petit coup de pouce vert, les rendements étaient fructueux, tout en évitant à la Terre des souffrances inacceptables : « plus les conditions de culture ressemblent au milieu naturel de prédilection de la plante en question, plus le rapport kilojoules dépensés/kilojoules récoltés est meilleur » disait-il. Ses expériences, qui consistaient à produire un riz robuste pour faciliter leur germination en terrains arides, comme ceux des pays démunis, ont été impitoyablement stoppées après que l’armée japonaise eut saisi et détruit l’entier de ses semences et de ses récoltes. Allez savoir pourquoi! Les lois du marché, corrompues, sont à combattre autant que les pratiques agricoles désuètes de notre époque de bouleversements climatiques.

C’est en 1970 que le terme – Permaculture – a fait son apparition, alors que les australiens Bill Mollison et David Holmgren ont développé des méthodes de production stables, innovatrices et profitables autant aux humains qu’à l’environnement. Ils ont nommé la Permaculture en fonction de la permanence des cultures, alliant le caractère humain de la production à l’intelligence même de la nature pour faire ce qu’elle fait de mieux. Ainsi, une brève définition de la méthode serait de créer des environnements humains durables tout en suivant et en comprenant la technique que la nature utilise elle-même pour être efficace. Aucun labourage, aucun produit chimique, aucun désherbage, simplement comprendre comment la nature fonctionne, et imiter ce fonctionnement dans un cadre de production alimentaire. La Permaculture utilise des notions d’écologie appliquée, de design ou d’horticulture paysagiste, d’agriculture saine, donc biologique, de pédologie et, bien évidemment, de pédagogie car le tout forme une façon de vivre en relation intrinsèque avec la nature tout en la préservant.

En résumé, pour comprendre l’efficacité nourricière d’un terrain, il faut voir les caractéristiques physiques propre à celui-ci : dénivelé, marais, cours d’eau, vent, etc. Ensuite, il faut comprendre la relation que nous voulons tenir avec ce terrain, journalière, mensuelle, saisonnière, afin de bien saisir l’ampleur du temps que nous y consacrerons. Puis il faut établir les liens possibles entre les éléments du terrain, éléments physiques et humains de son exploitation. Viendra ensuite le côté pédologique, c'est-à-dire des éléments qui forment le sol, bactéries, racines, roches, etc, qui nous aidera à éclairer nos choix sur les végétaux qui sauront y pousser. Une fois la compréhension du terrain et de ses caractéristiques acquise, il faut voir quels végétaux y seront complémentaires, polyvalents, afin que les uns aident, par leurs propriétés, les autres. Exemple : le haricot pousse sur la tige du maïs alors qu’ils sont protégés, à la base, par les feuilles des courges qui créeront de l’ombre. Complémentarité et polyvalence, c’est très important. Le but final est de favoriser des microsystèmes productifs en alliant les capacités et les propriétés d’un système à un autre, et ce, sur un même terrain, avec toutes les notions de paysagisme pour limiter l’impact de notre intervention sur la nature, que les bonnes propriétés du sol ne finissent pas par se lessiver, comme c’est le cas dans les productions nécessitant labourage. La nature est la meilleure des jardinières!

La Permaculture est une solution simple et écologiquement complexe. Je vous invite à lire sur celle-ci, et un jour, c’est vous qui aurez, autour de votre maison, votre propre terre nourricière, vivace, autonome, productive, facile et surtout, avec toute la beauté qui s’y attachera, ce qui vous permettra d’économiser sur la nourriture de production, fort nuisible depuis le germe jusqu’au transport. Aussi, l’aspect moral de cet accomplissement vous rendra fier et en bonne santé mentale! L’avenir est à ce que chaque être qui compose une société possède sa parcelle de jardin d’Éden, n’est-ce pas souhaitable, et pour les humains, et pour la planète bleue?

J’espère que mes connaissances concises sur la Permaculture sauront vous ouvrir l’esprit sur cette technique révolutionnaire, qui fait appel à la fois au jugement et au respect, ainsi qu’à la compréhension et donc la connaissance. Regarder son jardin pousser tout seul, sans entretien sinon minimal, alors que l’on digère lentement le fruit de son potentiel, toujours grandissant.

Révolution morale et révolution écologique sont à nos portes, ouvrons-les, aucune clé pour nous en priver!


Par Sim-B


 
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» 21 Avril 2007
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